Une réforme précipitée, une généralisation prématurée

le 27 Janvier 2012



Par André Vallini et Marie-Pierre de la Gontrie.

Après une expérimentation de quelques semaines seulement, Nicolas Sarkozy va à Dijon tirer déjà des conclusions de la réforme précipitée des jurés citoyens et en annoncer la généralisation prématurée.

Cette réforme est pour lui une occasion de plus de dénoncer le laxisme des juges qui n’existe que dans ses fantasmes et de stigmatiser une fois encore les magistrats professionnels.

Elle aurait dû être précédée d’une large concertation car rien n’en justifiait une adoption aussi rapide d’autant que son coût est évalué à plus de 400 millions d’euros et que l’Etat n’a même pas les moyens de financer la réforme de la garde à vue, notamment en matière d’aide juridictionnelle.

Cette réforme illustre en fait une fois de plus la dérive de la politique pénale dont on sait qu’elle est menée depuis 2007, au gré des faits divers puisque cette réforme a été inspirée au Président de la République par la tragique affaire de la petite Laëtitia, à Pornic.

Une bonne réforme visant à rapprocher les juges de la société sur la base de l’échevinage demandera du temps et de la concertation.

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